Calé dans l'une de ses voitures
pourries de collection au fond de son jardin, Neil Young
refait surface, une chance pour tous de le saisir, enfin...!
Pauvres mortels, Neil est insaisissable.

Chrome Dreams II peut, à première vue, faire penser à un come-back. La suite de Chrome Dreams, sans doute. Cet album existant pour Neil et pour personne d'autre, le Loner l'ayant annulé quelques jours avant sa sortie.
Une fois le disque sur la platine, tout
devient différent. On décolle avec Beautiful
Bluebird et une chanson plus tard, on arrive au sommet, un
de ces pics qui te rentrent dans le coeur pour y rester
ancrés toute la vie, qui diffusent l'harmonie dans ton corps
tout en écorchant tout ce qui se place aux alentours.
Ordinary People. On n'avait jamais
célébré l'ordinaire d'une manière si..
extraordinaire. Au son des cuivres, on sent les hommes se mouver en
une masse homogène, incroyablement riche et scintillante.
Comme si nous étions à nous tous quelque chose
d'unique, tu vois?
Ce morceau a 20ans. Et il est comme ancré dans la
réalité. Le travail fut rude pour écrire des
morceaux tenant debout a côté de cette montagne. Neil
l'a fait, il a réussi, bien que rien sur l'album ne vaille
ces 18minutes d'intensité véritable. Ce morceau n'a
pas de durée, il a toujours été en nous. Son
écoute donne un sens à notre vie. Il nous guide dans
nos actes et pensées, il s'est installé et compte
bien rester. Il restera.
Le Loner fait ensuite place au Believer qui
ressemble grandement, comme le reste de l'album, au calme
après la tempête. Les morceaux accompagnant
Ordinary People ne prennent pas le risque d'être inutiles,
ils se valent tous, et c'est ça qui donne à cet album
toute sa valeur. Aussi divers que variés,
s'éteignant pour faire place à l'inattendu, ils
s'accrochent au morceau central comme les anneaux tournant autour
de Saturne: leur communion fait leur splendeur.



